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sanctions

  • Entretien avec Nicolas DHUICQ, de retour de Crimée

    Nicolas DHUICQ est député de la première circonscription de l'Aube, Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, secrétaire du groupe d'amitié parlementaire France-IMG_5010.JPGRussie.

    Il siège à l'Assemblée Nationale dans le groupe "Les Républicains" et appartient au mouvement : la Droite Populaire.

    Maire de Brienne-le-Château (Aube)

    Il se rend régulièrement en Russie et soutient avec Thierry MARIANI la levée des sanctions contre la Russie.

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  • Interview du Président du Tatarstan Rustam N. MINNIKHANOV

    Oui, aujourd'hui les banques islamiques restent obscures pour la Russie, mais ces outils de financement sont utilisés non seulement dans les pays musulmans, mais aussi en Grande-Bretagne et dans d'autres Etats européens. Etant donné que la législation anglaise permet de travailler selon les principes du système bancaire islamique, alors la Russie peut en faire de même.

     

    C'est pourquoi nous nous sommes mis d'accord avec le directeur de la Banque islamique de développement pour créer un groupe spécial de travail.

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  • Entretien avec Joelle GARRIAUD-MAYLAM, Sénatrice des Français de l'Etranger

    Lors de la rencontre du 1er septembre coorganisée par SE Alexandre ORLOV, ambassadeur de la Fédération de Russie en France et de l'Association Dialogue Franco-russe à l'occasion de la visite du président de la Douma, Mr NARYCHKINE, et qui a réunit parlementaires et personnalités des affaires, Mme Joelle GARRIAUD-MAYLAM était présente. Elle a bien voulu répondre à quelques questions relatives à cette rencontre franco-russe en nous recevant au Sénat.

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    Pascal MAS : Joelle GARRIAUD-MAYLAM, vous êtes sénatrice des Français établis hors de France, et vous avez participé à la rencontre des parlementaires et dirigeants de milieux d'affaires organisée par l'association Dialogue Franco-Russe chez Mr l'Ambassadeur de Russie, Alexandre ORLOVA à l'occasion du passage par Paris du président de la Douma, Mr Sergueï NARYCHKINE. Cette rencontre a eu lieu le 1er septembre, le jour même où l'Europe et la France en particulier ont adopté de nouvelles sanctions économiques contre la Russie. J'imagine que l'ambiance devait être assez lourde ?

    Joelle GARRIAUD-MAYLAM : Je ne sais pas si l'ambiance était lourde, je crois que tout le monde était très content de participer, intéressé par ce qui allait se dire. Moi la première car j'estime qu'un parlementaire doit s'informer et je suis d'ailleurs allée à Moscou il y a quelques mois et j'estime qu'il est indispensable d'avoir le plus grand nombre d'informations possible et de rencontrer le plus grand nombre de responsables politiques possible. J'avais souhaité rencontrer Mr NARYCHKINE, mais il n'était pas là et j'avais rencontré longuement le président de la commission des Affaires Etrangères du Sénat;  Mr MARGUELOV qui est aujourd'hui au MAE pour justement évoquer cette question des sanctions; pour pouvoir entendre aussi les hommes d'affaires car j'avais déjà entendu les conseillers du commerce extérieur, les membres de la chambre de commerce et bien entendu les responsables de l'ambassade, et des communautés françaises sur place. 

    P.M. Puisque vous venez de mentionner les milieux d'affaires français, les gens qui étaient autour de vous le 1er septembre c'était plutôt le CAC 40; donc ces difficultés d'aujourd'hui ne sont que passagères, néanmoins la Chambre de Commerce Franco-Russe à Moscou manifeste son inquiétude envers les PME et notamment celles qui sont liées a la filière agro-alimentaire. Par ailleurs, comme vous représentez les Français de l'Etranger, donc nos compatriotes installés en Russie, ne craignez-vous pas qu'ils soient désormais regardés avec défiance et que l'image de la France ne soit terriblement écornée par ces sanctions ?

    J.G-M : Oui, il y a en effet un très gros problème, y compris pour les grosses entreprises du CAC 40. Le président du groupe AUCHAN, Mr MULLIEZ était présent et son directeur local en Russie Mr GERMAIN n'ont pas caché leur inquiétude. Mais en dehors du CAC 40 , toutes les petites entreprises, tous ces Français qui ont fait le choix courageux de l'expatriation en Russie pour promouvoir notre commerce extérieur, aider une certaine image de la France à renforcer les liens sont en effet dans une situation de très inquiétude et j'estime que c'est mon devoir en tant que parlementaire représentant les Français de l'Etranger, de trouver une solution. La Russie est un pays ami de la France depuis toujours, comme de GAULLE le disait lui-même : "Tant que la France et la Russie seront unies nous serons forts" 

    Je crois qu'on n'a pas suffisamment attaché de considération, de respect et pas suffisamment écouté la Russie. J'avais évoqué cela à travers une question au Gouvernement à laquelle Jean-Marc AYRAULT avait répondu peu avant son limogeage, sur l'Ukraine, en lui disant qu'il fallait absolument écouter la Russie, parler avec elle, réfléchir ensemble à trouver des solutions. 

    Pour les sorties de crises je crois aux solutions diplomatiques, je en crois pas aux effets de manches. J'ai toujours été opposée aux sanctions qui ont tendance à affecter le peuple et non pas ceux qui devraient en souffrir au premier chef. Certes, j'ai trouvé que des sanctions dans un premier mouvement contre un certain nombre d'oligarques étaient très importantes, mais là aussi il faut que nous fassions très attention car nous auront beaucoup de mal à rattraper le temps perdu si nos liens avec la Russie se distendaient.

    P.M. Vous avez mentionné l'entreprise AUCHAN qui a été l'une des plus rapides à IMG_3349.JPGs'adapter à l'embargo sur les produits agro-alimentaires en provenance d'Europe et changeant son circuit d'approvisionnement. Et ces nouvelles chaînes d'approvisionnement sont durables. Il sera très difficile pour les producteurs français de revenir sur le marché russe. 

    Par ailleurs, dans un autre domaine, comment se fait-il que le Président de la République puisse se permettre, SEUL, de ne pas honorer la signature de la France dans le cadre d'une commande privée et d'ainsi fragiliser la respectabilité et la confiance que témoignent des pays étrangers à notre pays sans que le Parlement ne puisse réagir ou s'y opposer ?

    J.G-M : En ce qui concerne ce à quoi vous pensez, c'est à dire "Mistral" , j'ai toujours dit qu'il fallait honorer les engagements pris. Je suis juriste internationale de formation et quand on signe un engagement on-le-tient !

    Nous avons signé avec la Russie, et il est hors de question de renoncer à cet engagement. Peut-être aurions nous pu utiliser ce contrat dans le cadre de discussions pour assouplir la position russe sur certains points. Mais il ne faut pas que cela s'apparente à un chantage, mais suspendre cette vente c'est dramatique.

    D'abord nous n'en n'avons pas les moyens. Nous avons besoin de la Russie; dans le paysage actuel nous ne pouvons pas être entièrement soumis aux Etats-Unis et à leurs diktats. On l'a bien vu dans les premières sanctions c'est toujours la France qui souffrait le plus de ces sanctions. Certainement pas les Etats-Unis. Comme nous l'avons vu en Iran, les Etats-Unis ont réussi à bien s'implanter au détriment de la France. Je rappelle que l'Iran était notre premier client pour nos voitures PEUGEOT. IL faut avoir plus de vision à moyen et à long terme. On ne doit pas réagir de manière émotionnelle.

    P.M. : Les autorités de Lombardie ont dernièrement exprimé le souhait auprès du gouvernement italien de s'émanciper de ces sanctions qui sont d'ailleurs décidées à Bruxelles, D'ailleurs, vu d'ici on a l'impression que Bruxelles décide de tout et que le Président de la République Française ne fait que signer ce qui a été décidé par d'autres. Alors si la Lombardie peut demander au Président du Conseil Italien de s'émanciper de ces sanctions stupides et suicidaires, pourquoi les parlementaires français ne pourraient-ils par déposer un amendement dans ce sens ou demander au Président de la République de prendre conscience qu'il y a des milliers d'emplois et de milliards d'Euros en jeu ?

    J.G-M. : Oui c'est un vrai problème; et les Italiens ont beaucoup d'intérêts en Russie. J'ai d'ailleurs bien vu que les intérêts italiens sont en train de se développer partout sur le territoire de la Russie au détriment des Français. On le voit dans l'alimentation, dans la restauration... On voit que des tas de petites entreprises italiennes sont bien plus présentes que les françaises. Nous avons besoin de tenir nos positions, et cette question de sanctions est capitale. D'un autre côté on ne peut pas laisser la situation se détériorer en Ukraine sans rien dire. Je suis allée en Ukraine en février. J'ai vu les manifestants de la place Maydan et je dois dire que j'ai été agacée par la caricature qui en a été faite. Ces gens n'étaient pas des extrémistes de droite, c'était des gens qui voulaient la démocratie, qui voulaient se rapprocher de l'Europe car l'Europe représentait pour eux un espace de liberté mais ils étaient surtout en révolte contre les oligarques de leur pays dont on sait bien qu'ils ont fait des fortunes considérables au détriment de leur propre peuple. Je comprends la démarche des Ukrainiens et on ne doit pas raisonner en termes manichéens. Tout n'est pas noir ou blanc. C'est par la négociation, la relation diplomatique qu'une solution durable sera trouvée.

    P.M. : A l'issue d'une réunion, même des plus importantes, les Russes ont toujours l'habitude de conclure par un message, parfois par un message codé. Quel était le message de Mr NARYCHKINE à la France ?

    J. G-M. : Je crois que le message de Mr NARYCHKINE était clair. Evidemment, il souhaiterait que ces sanctions soient levées. Il représente la Russie. Il défend les intérêts de la Russie, il avait en face de lui un public ouvert, qui connaît la Russie, qui connaît les enjeux, qui ne se laisse pas manipuler par des diatribes. Honnêtement je n'ai pas entendu de message codé. Peut-être devrais-je me souvenir de tous ses propos, mais je crois au fond que le message était très clair, il n'avait pas besoin de coder ce message. 

    C'est vrai qu'il y avait peut-être une légère pression en filigrane mais c'est normal, cela fait partie du jeu, ça fait partie du discours et c'était essentiel.

    En tous cas ceci est un sujet sur lequel j'ai bien l'intention de continuer à travailler sur ce sujet et j'avais l'intention d'écrire une tribune sur ce sujet, mais je n'ai plus le temps.

    P.M. Et bien Mme GAIRRAUD-MAYLAM, considérons que cet entretien est votre tribune. je vous remercie