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russie

  • Echange avec Nicolas DHUICQ, député de l'Aube sur la Patrie

    Nicolas DHUICQ est député (Les Républicains) de la 1ère circonscription de l'Aube et maire de Brienne-le-Château. Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, son expertise des questions relatives à ces sujets est reconnue de toutes parts. Il est aussi un fin connaisseur de la Russie, de son histoire et secrétaire du groupe d'amitiés parlementaires France-Russie et s'y rend souvent.  

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  • Rencontre avec Jawad El MALLOULI, Directeur général de "El Mallouli et Compagnie"

    La société El Mallouli et Compagnie est une conserverie artisanale qui cuisine à Brive-la-Gaillarde des produits de gastronomie fine selon des recettes authentiques du Sud-Ouest.

    Sous la marque "Saveurs du Sud-Ouest" la conserverie El Mallouli & Compagnie commercialise ses produits qui ont la praticularité de répondre aux exigences rituelles "Halal"

    Foie gras, rillettes de canard, terrines de poulet ... Ce sont les délices qui ont fait la notoriété mondiale de la gastronomie périgourdine qui sont désormais accessibles à des gourmets exigeant la norme "Halal"

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  • 1er septembre 2015 - 1er septembre 2004 (onze ans déja)

    Il n'y a pas d'illustrations pour ce post car les images de Beslan sont insoutenables. Les archives sont disponibles sur le site de l'association solidarité enfants de Beslan : Photographies

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  • Entretien avec Nicolas DHUICQ, de retour de Crimée

    Nicolas DHUICQ est député de la première circonscription de l'Aube, Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, secrétaire du groupe d'amitié parlementaire France-IMG_5010.JPGRussie.

    Il siège à l'Assemblée Nationale dans le groupe "Les Républicains" et appartient au mouvement : la Droite Populaire.

    Maire de Brienne-le-Château (Aube)

    Il se rend régulièrement en Russie et soutient avec Thierry MARIANI la levée des sanctions contre la Russie.

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  • Interview du Président du Tatarstan Rustam N. MINNIKHANOV

    Oui, aujourd'hui les banques islamiques restent obscures pour la Russie, mais ces outils de financement sont utilisés non seulement dans les pays musulmans, mais aussi en Grande-Bretagne et dans d'autres Etats européens. Etant donné que la législation anglaise permet de travailler selon les principes du système bancaire islamique, alors la Russie peut en faire de même.

     

    C'est pourquoi nous nous sommes mis d'accord avec le directeur de la Banque islamique de développement pour créer un groupe spécial de travail.

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  • Disparition de Christophe de Margerie, à qui bénéficie cette disparition ?

    Poutine et de Margerie.jpgAlors qu'il revenait d'un important rendez-vous avec le Premier Ministre russe, Dimitri MEDVEDEV, le PDG du groupe Total, Christophe de MARGERIE a trouvé la mort, ainsi que l'équipage, dans un accident d'avion à l'aéroport moscovite de Vnukovo dans la nuit du 20 octobre 2014.

    Par delà la tragédie en laquelle consiste la mort de Mr de MARGERIE et de l'équipage de l'avion qui le transportait, il n'est pas inutile de s'interroger sur les faits, les circonstances et les conséquences de la disparition du Pdg de TOTAL. 

    Christophe de MARGERIE revenait vers la France d'un important rendez-vous avec le Premier Ministre russe MEDVEDEV. Authentique ami de la Russie, Mr de MARGERIE était unanimement apprécié à Moscou pour son franc-parler, pour sa bonhommie et pour ses immenses compétences en matière énergétique.

    Par cette disparition la France perd un grand capitaine d'industrie, le numéro UN de la première société française et 11ème mondiale, et une référence dans le domaine de l'éco-diplomatie. La Russie perd aussi un puissant allié, car Total représente un formidable exemple de coopération, surtout dans le domaine de l'exploration et de la haute technologie pétrolière.

    Car, en effet, Total était la seule entreprise occidentale capable d'apporter un savoir-faire à la Russie dans le domaine de l'exploration en terrains difficiles (eaux profondes, rudesse du climat...) et il serait peut-être nécessaire de relier la capacité industrielle de Total, -seul possible partenaire occidental-, aux projets de prospection et d'extraction dans la zone artique.

    En résumé, la proximité de Total et de Mr de MARGERIE avec les dirigeants politiques et industriels russes ne faisait pas que des heureux dans le domaine pétrolier. Et il est fort probable que dans certaines tours de verre on ne s'afflige pas trop de la mort de "Big Moustache".

    Les circonstances immédiates de l'accident sont elles aussi particulières. Un engin de déneigement curieusement stationné au milieu de la piste d'envol alors que la neige tombée la nuit précédente avait fondu depuis longtemps et que les conditions météorologiques étaient satisfaisantes pour effectuer des mouvements aériens sans procédures particulières ouvrent différentes questions..

    Le déchaînement médiatique qui a suivi l'annonce de l'accident peut paraître lui-aussi suspect. 

    Sans la moindre preuve, alors que l'enquête n'avait pas encore débuté, des chroniqueurs et de soudains "spécialistes" se sont relayés sur les ondes et sur le papier pour expliquer à la populace (lecteurs et auditeurs) que le conducteur de l'engin était ivre et que les techniciens de la tour de contrôle ne comprenaient pas l'anglais. Sans oublier de comparer la piste de l'aéroport de Vnukovo aux tranchées de Verdun.

    Certains, dans leur "mission d'information" n'ont pas hésité à souligner que l'alcoolisme est une généralité et que l'inconséquence des autorités et techniciens aéroportuaires étaient de notoriété publique sur tout le territoire russe. Il n'a manqué que les ours qui traversent les pistes pour compléter le catalogue des caricatures sur lesquelles s'appuient les "spécialistes" 

    Ce déchaînement médiatique, aussi bien coordonné,  mérite la vigilance. 

    Personnalité de la victime principale, développement de la coopération industrielle entre la France et la Russie, campagne de dénigrement magnifiquement organisée voilà qui apporte les éléments qui autorisent le bien-fondé de poser la question traditionnelle :

    "A qui profite le crime ?"

    à lire aussi : les réactions des responsables russes

     

     

  • La réinformation ; un combat quotidien

    Poutine Président.jpg Voici sans doute l'homme le plus détesté et le plus critiqué par la micro-société journalistique, universitaire et politique.

    Celles et eux qui n'ont pas digéré l'échec du rêve qu'ils portaient en soutenant inconditionnellement l'URSS, voudraient faire payer à Vladimir POUTINE la frustration refoulée de leurs erreurs.

    De la part de la presse bien-pensante de la gauche-caviar du boulevard St Germain rien d'étonnant. Mais lorsque c'est le correspondant à Moscou du Figaro qui reprend les théories et le vocabulaire de Libération et de Marianne, il est temps de se dire que la presse française et surtout parisienne complètement lobotomisée.

    Alexandre LATSA, un journaliste authentique qui fait son travail à l'ancienne, reprend sur son remarquable blog la dernière production délirante de Pierre AVRIL, le consternant correspondant permanent à Moscou du Figaro. 

    Voir ici

    Qu'un journaliste vomisse sa haine du pays où il travaille est déjà étonnant; mais ce qui est plus grave c'est que le Figaro, journal de référence des milieux d'affaires français diffuse au quotidien des mensonges et des chapitres entiers de propagande cuisinée outre-atlantique. Les délires de Pierre AVRIL contribuent aux difficultés et au retard que rencontrent les entreprises françaises en Russie, et nuisent gravement à l'image de la France autrefois si brillante en Russie.

    Heureusement les nouvelles technologies de la communication permettent à d'autres sources d'information de s'exprimer et de pratiquer la "Réinformation" du public.

    Cette nouvelle approche de l'information sur la Russie est encore confidentielle.Toutefois grâce à des blogs comme celui d'Alexandre LATSA et d'autres experts de plus en plus nombreux, permettent d'accéder à la vérité.

    Ce pauvre AVRIL n'a gardé en souvenir de la vérité que le mot russe "PRAVDA" et croit peut-être que la rédaction du Figaro est guidée par la pensée de l'ancien journal soviétique;

    Les djihadistes de la pensée unique russophobe et "poutinophage" sont de plus en plus contestés et désormais d'autres voix sont entendues. Paradoxalement le terrorisme intellectuel des BHL, MANDRAS, GLUCSMAN et autres se craquèle sous la poussée de la "Réinformation"

    Les nouveaux révolutionnaires de l'information savent que le siège de la forteresse de la pensée unique sera long , mais ils ne manquent ni d'arguments, ni de motivation; et les lecteurs de leurs blogs sont de plus en plus nombreux à apprécier cette alternative.

    Bonne lecture

     

  • Beslan, 10 ans après . Interview d'Henri-Paul FALAVIGNA

    IMG_3296.JPG Henri-Paul FALAVIGNA est le président-fondateur de l'association "Solidarité Enfants de Beslan" voir le site ici

    A la fin de l'évocation civile de la tragédie de Beslan, organisée par l'association en la mairie du XVème arrondissement de Paris, il a bien voulu répondre à quelques questions.

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    Pascal MAS : Henri-Paul FALAVIGNA, vous êtes le président-fondateur de l'association "Solidarité Enfants de Beslan" qui vient en soutien psychologique, moral et financier aux rescapés de la tragédie des 1er au 3 septembre 2004, et de leur familles. Vous impulsez également un formidable travail de mémoire de ces événements comme nous avons pu le voir à travers le reportage qui vient d'être diffusé. 10 ans ont passé; ne croyez-vous pas le souvenir commence a s'effacer dans la mémoire collective ?

    H-P FALAVIGNA : Le souvenir ne s'efface pas car vous constaterez que le drame de Beslan est un prétexte pour critiquer la Russie quotidiennement. Donc je ne cesse de publier et d'envoyer des rectificatifs lorsque je vois ce qui est publié sur Beslan alors que nous avons une expertise certaine.

    P. MAS : Lorsque l'on voit ou revoit les images que vous avez collectées sur place, comment peut-on encore nier ce qui s'est passé ou le présenter de manière fallacieuse ?

    H-P FALAVIGNA : Eh bien je vais vous raconter comment à Sciences-Po, il y a deux ans, GLUCKSMAN était l'orateur principal d'un séminaire regroupant plus de 400 étudiants sur la démocratie en Russie et auquel j'étais invité; et GLUCKSMAN a profité de cette manifestation pour déclarer que POUTINE avait sur les mains le sang de près de 400 enfants à Beslan et de 600 civils en Ossétie du sud. Il s'est tourné vers Nathalie NOUGAYREDE en proclamant "Voilà la source; elle y était" . J'ai posé la question : "Mme NOUGAYREDE vous qui avez vu les chars russes, à quelle heure avez-vous vu tirer ?" 
    Elle m'a répondu , "vers 16h ou 17h" . Soit 4 heures après que les bombes des terroristes aient explosé. "Et ce que vous avez vu c'est l'élimination, ce qui prouve qu'il n'y a pas eu d'assaut organisé"  sinon en 10 minutes tout était terminé. Les Russes ont employé des moyens forts plusieurs heures après le début des attentats. Mais vous voyez là la déformation permanente qui est opérée, et les étudiants n'ont retenu que POUTINE était a l'origine des meurtres. En Ossétie du Sud désormais tout le monde sait très bien que c'est la Géorgie qui a agressé les villages ossètes.

    P. MAS : J'ai retenu au cours du reportage présenté par Dimitri de KOSHKO que cette "opération de Beslan" aurait été pensée dans un but ultime de dresser la population ossète contre les Ingouches. Or le président Ossète a bien affirmé qu'il n'y avait pas eu de vengeance ni de répression envers les Ingouches après cette affreuse tragédie. Qu'en est-il des relations entre les Ossètes, les Ingouches, les Tchétchènes et autres peuples caucasiens de la région ?

    H-P FALAVIGNA : La situation est apaisée, car considérant que les événements de Beslan ont été télécommandés de l'extérieur, et les femmes tchétchènes qui étaient présentes se sont fait exploser lorsqu'elles ont découvert la mission qui leur avait été confiée et ont préféré disparaître plutôt que de toucher aux enfants. Il est vrai que si l'on remonte plut haut dans l'Histoire, les Ingouches et les Tchétchènes ont toujours été turbulents. Ils se sont associés à HITLER. Donc à la Libération ils ont été déportés par STALINE. Et lorsqu'ils ont pu revenir il y a une vingtaine d'années, les Ossètes avaient pris possession des maisons vides. Il y a eu des incidents, et la Fédération de Russie a rétabli la paix entre les deux communautés.  

    P.MAS : Il y a 10 ans on découvrait la manifestation la plus sauvage d'une forme de terrorisme d'origine islamique. Aujourd'hui en Irak comme en Syrie on n'est pas loin de cette barbarie. Bien qu'il n'y ait pas beaucoup d'images . Toutefois la pensée unique et universelle d'aujourd'hui ne considère pas le Califat d'EIIL comme une organisation sympathique . Comment se fait-il que 10 ans après Beslan, les enseignements qui en ont été retirés sur la nature d'une certaine forme d'islam radical nous en soyons encore là ?

    H-P FALAVIGNA : Sans sombrer dans le paradoxe politique, j'ai entendu sur place en Ossétie qu'il existait une théorie selon laquelle les Américains étaient derrière l'affaire de Beslan afin de déstabiliser l'ensemble du Caucase et ensuite y intervenir pour remettre de l'ordre. Dans le même esprit que les "armes de destruction massives" de Saddam HUSSEIN ont été un prétexter pour intervenir en Irak.

    P.MAS : Le Califat d'EIIL a déclaré il y a 48 heures qu'il allait procéder à la "libération du Caucase" ; connaissant la patience mesurée du président russe, ne croyez-vous pas que la tâche s'avère difficile ?

    H-P FALAVIGNA : Ils peuvent dire ce qu'ils veulent mais dans la pratique c'est absolument impossible. Je vais vous répondre par une image. Nous avons été reçus a Vladikavkaz par le président ossète. Le président MAMSOUROV est musulman nous a invité à diner et nous avons porté des toast à la vodka. Les Ossètes musulmans sont totalement intégrés à la civilisation russe. Ils vont à la mosquée une fois par semaine mais autrement ils mangent du porc, boivent du vin etc ...
    On peut dire d'une certaine façon que l'héritage communiste a protégé les peuples de ce type de fondamentalisme agressif.

    P.MAS : Peut-on considérer qu'il existe une forme d'islam "caucasien" qui n'aurait rien à voir avec les pays arabes, le Pakistan et même la Turquie pourtant si proche géographiquement et culturellement ?

    H-P. FALAVIGNA : Oui, tout à fait, car le tsar était le protecteur des Musulmans, c'est le tsar qui a fait construire à l'époque la plus grande mosquée de Russie à St Petersbourg. Le tsar c'était le protecteur de toutes les religions russes.

    P. MAS : Vous avez lancé tout à l'heure un appel pour trouver des contacts de mairies dans le but d'effectuer des jumelages. Quel est l'objectif de ces jumelages ?

    H-P. FALAVIGNA : Nus bénéficions de liens d'amitié très forts avec la ville de Beslan et d'autres villes d'Ossétie, et nous souhaiterions en faire bénéficier des communes françaises.

    P. MAS : Mr le Président, je vous remercie.

     

     

  • Beslan 10 ans après; interview de Mme Chantal GUITTET

    IMG_3287.JPGChantal GUITTET est députée de la 5ème circonscription du Finistère. Elle est membre de la commission des affaires étrangères et présidente du groupe d'amitiés parlementaires France-Russie.

    Seule représentante du Parlement lors de la célébration civile des 10 ans de la prise d'otage de Beslan qui s'est déroulée en la Mairie du XVème arrondissement à Paris, elle a bien voulu répondre à nos questions

     

     Pascal MAS : Madame la Députée, vous êtes ici la seule représentante du Parlement (Assemblée Nationale et Sénat) présente pour cette évocation des 10 ans de la tragédie de Beslan. Seule députée, seule parlementaire ... Que se passe-t-il ? Est-ce que le souvenir de Beslan est gênant pour les élus français ? Tout le monde s'en moque après 10 ans ? Quel est votre ressenti personnel ? 

     

    Chantal GUITTET : Non je ne crois pas qu'on s'en moque. On ne peut jamais se moquer d'uin massacre d'enfants. Je ne suis pas sûr que les députés étaient au courant de cette cérémonie. Moi j'ai été invitée comme présidente du groupe d'amitié, mais je représente le groupe d'amitié et tous ses membres s'associent à cette cérémonie et ont certainement une pensée pour ces enfants qui sont morts et à qui on a volé leur jeunesse.

    Pascal MAS : Il y a 10 ans c'était Beslan et hier le Califat Islamique d'Irak et du Levant a prétendu que l'action allait continuer par la libération du Caucase. Peut-on imaginer revivre un cauchemar comme celui de Beslan perpétré par des gens aussi déterminés ?

    IMG_3295.JPGChantal GUITTET : J'espère que non, et je crois que tout homme politique a la responsabilité de protéger son peuple ? C'est une déclaration de l' ONU . J'espère qu'on n'arrivera pas à de telles extrémités c'est pourquoi il faut garder le dialogue; dialoguer entre les peuples , respecter les gens, être tolérants, et j'espère que des tragédies comme beslan ne verront plus jamais le jour . 

    Pascal MAS : Il a été rappelé tout à l'heure dans l'évocation de la chronologie des faits, que la région d'Ossétie du Nord, c'est à dire l'Alanie, était la marche de l' Europe. On n'entend pas beaucoup l'Europe dans cette affaire

    Chantal GUITTET : On l'a entendue au moment des événements de Beslan, on ne l'entend plus trop aujourd'hui mais je pense qu'il y a le représentante des Droits de l'Homme qui a envoyé un mot pour apporter son soutien . Elle est ambassadrice d'un pays européen; après je crois qu'aucun pays ne peut dédaigner ou avoir du mépris pour un acte pareil. Les enfants de Beslan doivent rester dans les coeurs de tout le monde. Avoir un devoir de mémoire c'est important pour qu'une tragédie pareille ne se reproduise pas.

    Pascal MAS : Il a été également évoqué que la presse avait couvert cet événement de manière très étrange. Le Président de la République d'Ossétie du Nord a même déclaré "qu'à travers certains reportages les victimes avaient été considérées comme des coupables" . Comment percevez-vous de décalage, en tant qu'élue, en tant que personnalité publique souvent au contact de la presse ?

    Chantal GUITTET : Qu'il y a ait différentes interprétations sur les événements, je ne suis pas habilitée à commenter ces faits . Ca sera aux historiens de révéler la vérité, mais en général elle n'est jamais révélée dans l'immédiat. Ce qui est sûr et que tout le monde doit affirmer c'est que des enfants ne doivent jamais être pris en otages, dans n'importe quel conflit. Et c'est un scandale qu'on se serve d'enfants et d'enseignants pour régler des conflits politiques.

    Pascal MAS : Comme nous l'avons vu dans le reportage les images même prises par les terroristes eux-mêmes existent. On ne peut pas nier ce qui s'est passé; alors comment se fait-il que devant des images aussi épouvantables qui rappellent d'autres horreurs passées il n'y ait pas plus de mobilisation de nos concitoyens.

    Chantal GUITTET : Je ne sais pas s'il n'y a pas beaucoup de mobilisation mais il y a des associations qui ont pris en main ces drames , comme l'association qui nous accueille aujourd'hui et qui prolongent le souvenir de ces enfants martyrs. Hélas nous sommes dans un monde où perpétuellement i y a des enfants qui sont pris en otages. Il y en a en Syrie, il y en a en Palestine, il y en a en Israel . Comme dans tous les conflits. Il y en a en Ukraine qui meurent régulièrement. Il faut se battre pour un monde apaisé. Que les gens sachent s'écouter, se tolérer et que la religion qui est du domaine privé reste du domaine privé. Et qu'on ne se serve pas au nom de je ne sais quelle religion ... D'ailleurs, je ne pense pas que l'Islam soit une religion qui tolère ce genre d'actes. Il y a vraiment des gens qui se servent de l'Islam mais ce ne sont pas des religieux . Ce n'est pas possible; ce sont des terroristes qui font ce genre de choses.

    Pascal MAS : Ce qui rend cette tragédie encore plus insoutenable c'est que ces faits se sont produits à l'occasion de la rentrée des classes. Or la rentrée des classes en Russie, est un événement extrêmement important qui se prépare longtemps à  l'avance. Hier (2 septembre) c'était aussi la rentrée des classes dans toute la France; n'aurait-il pa été utile à l'occasion de ces 10 ans, de mentionner qu'il y a des enfants partout dans le monde qui vivent le malheur ?

    Chantal GUITTET : On le rappelle très souvent mais le problème de la presse c'est l'immédiateté et un événement en cache vite un autre. Il y a des gens qui pensent qu'un conflit est terminé parce qu'on n'en parle plus. Mais en tant que femme politique je pense qu'il faut garder l'esprit de solidarité, le respect et la tolérance.On vit dans un monde difficile où les gens se replient sur eux-mêmes et oublient de voir que quelque soit le pays d'où on vient, la religion qu'on pratique, ou qu'on ne pratique pas d'ailleurs, notre couleur de peau; on est tous frères et soeurs et qu'il faut essayer dans un monde apaisé. C'est ça la démocratie en fait.

    Pascal MAS : C'est sur cette note optimiste que je vous propose de terminer cet entretien. je vous libère et vous remercie pour avoir accepté de répondre à mes questions.

     

     

  • Eurasie - BRICS ; entretien avec Thierry MARIANI, député des Français de l'Etranger

    IMG_3326 - Copie.JPGMercredi 10 septembre 2014, le député Thierry MARIANI; ancien ministre et député de la 11ème circonscription des Français de l'Etranger, a bien voulu répondre à nos questions sur des sujets qu'il maîtrise particulièrement bien.

     

    Pascal MAS : Thierry MARIANI, vous êtes député de la 11ème circonscription des Français établis a l'Etranger qui va géographiquement de la frontière est de la Pologne jusqu'à la Nouvelle-Zélande, comprenant entre-autres la Chine, la Russie, l'Inde, l'Indonésie et le Japon. On peut considérer donc que les trois quarts de la planète habitent chez vous .

     

    Thierry MARIANI : Non, sérieusement, ma circonscription couvre 130000 citoyens français expatriés, comme les autres circonscriptions. C'est pour cela qu'elle est si grande.car il n'y a pas de très grosses communautés françaises expatriées comme c'est le cas à Bruxelles, Genève ou Londres.

    Avec 130000 habitants expatriés, ma circonscription couvre effectivement tout le Pacifique, toute l'Asie et toute l'ex-Union Soviétique plus l'Iran.

     

    Pascal MAS : Venons-en à l'objet de cet entretien. Cet été, dans l'indifférence médiatique générale, se sont produits deux événements majeurs pour les pays dont Astana 29 mai 2014.jpgvous représentez les résidents français.

    Le premier le 29 mai à Astana (Kazakhstan) IMG_3018.JPGavec la signature de l'acte fondateur de l'Eurasie entre la Russie, la Bielorussie et le Kazakhstan. Puis le 15 juillet la réunion des pays BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud) qui s'est déroulée a Fortaleza (Brésil) en présence en tant qu'observateurs de 11 pays latino-américains. Pour vous, grand spécialiste de la Russie et de la CEI, que représente cette nouvelle union Eurasiatique ? Est-ce -comme certains commentateurs l'ont évoqué-, une tentative de Vladimir POUTINE de reconstituer l'URSS de jadis ?

    Thierry MARIANI : Je crois à l'avenir de l'union Eurasie, je crois beaucoup moins aux BRICS. Pourquoi ? Je pense que les BRICS sont en réalité plus un concept qui regroupe des états qui ont des intérêts totalement divergents. Quel est le point commun entre le Brésil, la Chine, la Russie etc ... En réalité cala correspond à des états qui sont à un niveau de développement intermédiaire, qui par moments peuvent avoir des intérêts communs; on le voit bien puisqu'au sommet de Fortaleza a été créée une banque commune. Et il y aura certainement des coopérations.

    Mais je pense que les BRICS c'est une conjonction d'intérêts communs à un moment donné, mais pour avoir une alliance durable il faut des points communs qui sont la culture, la civilisation, etc...

    Si l'on regarde honnêtement, quel est le point commun entre les civilisations, l'histoire et les coutumes chinoises, russes ou brésiliennes. Par contre, je pense que l'union Eurasienne a un vrai avenir. Parce qu'effectivement aujourd'hui on a besoin pour exister sur la scène internationale de faire partie d'un bloc.

    Que pèserait tel ou tel pays s'il n'était inclus à un moment dans une alliance ou une union quelle qu'elle soit ? Or autour de la Russie, cette union douanière qui commence à trois a, à mon avis, un avenir certain puisque, et on le voit très bien, l'Europe occidentale au lieu de se rapprocher de la Russie s'en éloigne.

    Au lieu d'essayer de trouver des passerelles de communication et d'accords, on impose des sanctions. Dont il est normal que la Russie étant isolée par une partie des pays européens, ou plutôt étant rejetée par une partie des états européens cherche à créer son propre espace.

    Pascal MAS : Certains commentateurs économiques ont présenté la formation des BRICS, la création de la banque des BRICS, les coopérations annoncées entre les BRICS comme une tentative de s'émanciper l'économie mondialisée à domination Etatsunienne et Occidentale . Comment interprétez-vous personnellement ces nouveaux liens ?

    Thierry MARIANI : Dans les faits oui; dans les actes moins. Dans les faits, chacun essaye d'avoir une existence de plus en plus autonome. La réalité est quand même différente et le poids, hélas, du dollar et de l'économie américaine reste très important. Par contre, je le répète, l'union Eurasienne, à mon avis, au contraire et à  moyen terme a un vrai poids à jouer car il y a une histoire commune, il y a un fond commun et une culture commune.

    Je crois que la puissance ce n'est pas simplement un accord international qu'on signe entre gens qui n'ont pas grand chose à partager. Par moment ils faut qu'il y ait des intérêts communs et une histoire partagée. Je le vois dans un cas, je ne le vois pas dans l'autre.

    Pascal MAS : Pour revenir sur l'Eurasie que vous semblez considérer comme une option plus réaliste, il est question que l'Arménie se joigne à court terme aux trois pays fondateurs. Des discussions ont également lieu à Chypre et en Serbie. cela vous parait-il probable ?

     

    Thierry MARIANI : Je suis prêt à parier que dans cinq ans il y a aura non seulement l'Arménie, mais aussi le Kirghizistan et le Tadjikistan; et peut-être même l'Azerbaïdjan.Parce qu'à un moment chaque état se rend compte qu'il ne peut pas être isolé. 

    Aujourd'hui les trois états fondateurs, Russie, Biélorussie et Kazakhstan lancent l'union Eurasienne, mais je n'ai aucun doute sur le Tadjikistan, Kirghizistan et Arménie, pour avoir des contacts fréquents avec des responsables politiques de ces trois pays.

    La seule question qui se pose n'est pas SI, mais QUAND. Et attendons de voir ce que va faire un pays comme l'Azerbaïdjan.

    Pascal MAS : Thierry MARIANI, je vous remercie