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  • Au micro de "La Voix de la Russie"

    L'interview à laquelle j'ai répondu pour "La Voix de la Russie" est désormais en ligne sur le lien suivant : VdlR

     

  • Entretien avec Joelle GARRIAUD-MAYLAM, Sénatrice des Français de l'Etranger

    Lors de la rencontre du 1er septembre coorganisée par SE Alexandre ORLOV, ambassadeur de la Fédération de Russie en France et de l'Association Dialogue Franco-russe à l'occasion de la visite du président de la Douma, Mr NARYCHKINE, et qui a réunit parlementaires et personnalités des affaires, Mme Joelle GARRIAUD-MAYLAM était présente. Elle a bien voulu répondre à quelques questions relatives à cette rencontre franco-russe en nous recevant au Sénat.

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    Pascal MAS : Joelle GARRIAUD-MAYLAM, vous êtes sénatrice des Français établis hors de France, et vous avez participé à la rencontre des parlementaires et dirigeants de milieux d'affaires organisée par l'association Dialogue Franco-Russe chez Mr l'Ambassadeur de Russie, Alexandre ORLOVA à l'occasion du passage par Paris du président de la Douma, Mr Sergueï NARYCHKINE. Cette rencontre a eu lieu le 1er septembre, le jour même où l'Europe et la France en particulier ont adopté de nouvelles sanctions économiques contre la Russie. J'imagine que l'ambiance devait être assez lourde ?

    Joelle GARRIAUD-MAYLAM : Je ne sais pas si l'ambiance était lourde, je crois que tout le monde était très content de participer, intéressé par ce qui allait se dire. Moi la première car j'estime qu'un parlementaire doit s'informer et je suis d'ailleurs allée à Moscou il y a quelques mois et j'estime qu'il est indispensable d'avoir le plus grand nombre d'informations possible et de rencontrer le plus grand nombre de responsables politiques possible. J'avais souhaité rencontrer Mr NARYCHKINE, mais il n'était pas là et j'avais rencontré longuement le président de la commission des Affaires Etrangères du Sénat;  Mr MARGUELOV qui est aujourd'hui au MAE pour justement évoquer cette question des sanctions; pour pouvoir entendre aussi les hommes d'affaires car j'avais déjà entendu les conseillers du commerce extérieur, les membres de la chambre de commerce et bien entendu les responsables de l'ambassade, et des communautés françaises sur place. 

    P.M. Puisque vous venez de mentionner les milieux d'affaires français, les gens qui étaient autour de vous le 1er septembre c'était plutôt le CAC 40; donc ces difficultés d'aujourd'hui ne sont que passagères, néanmoins la Chambre de Commerce Franco-Russe à Moscou manifeste son inquiétude envers les PME et notamment celles qui sont liées a la filière agro-alimentaire. Par ailleurs, comme vous représentez les Français de l'Etranger, donc nos compatriotes installés en Russie, ne craignez-vous pas qu'ils soient désormais regardés avec défiance et que l'image de la France ne soit terriblement écornée par ces sanctions ?

    J.G-M : Oui, il y a en effet un très gros problème, y compris pour les grosses entreprises du CAC 40. Le président du groupe AUCHAN, Mr MULLIEZ était présent et son directeur local en Russie Mr GERMAIN n'ont pas caché leur inquiétude. Mais en dehors du CAC 40 , toutes les petites entreprises, tous ces Français qui ont fait le choix courageux de l'expatriation en Russie pour promouvoir notre commerce extérieur, aider une certaine image de la France à renforcer les liens sont en effet dans une situation de très inquiétude et j'estime que c'est mon devoir en tant que parlementaire représentant les Français de l'Etranger, de trouver une solution. La Russie est un pays ami de la France depuis toujours, comme de GAULLE le disait lui-même : "Tant que la France et la Russie seront unies nous serons forts" 

    Je crois qu'on n'a pas suffisamment attaché de considération, de respect et pas suffisamment écouté la Russie. J'avais évoqué cela à travers une question au Gouvernement à laquelle Jean-Marc AYRAULT avait répondu peu avant son limogeage, sur l'Ukraine, en lui disant qu'il fallait absolument écouter la Russie, parler avec elle, réfléchir ensemble à trouver des solutions. 

    Pour les sorties de crises je crois aux solutions diplomatiques, je en crois pas aux effets de manches. J'ai toujours été opposée aux sanctions qui ont tendance à affecter le peuple et non pas ceux qui devraient en souffrir au premier chef. Certes, j'ai trouvé que des sanctions dans un premier mouvement contre un certain nombre d'oligarques étaient très importantes, mais là aussi il faut que nous fassions très attention car nous auront beaucoup de mal à rattraper le temps perdu si nos liens avec la Russie se distendaient.

    P.M. Vous avez mentionné l'entreprise AUCHAN qui a été l'une des plus rapides à IMG_3349.JPGs'adapter à l'embargo sur les produits agro-alimentaires en provenance d'Europe et changeant son circuit d'approvisionnement. Et ces nouvelles chaînes d'approvisionnement sont durables. Il sera très difficile pour les producteurs français de revenir sur le marché russe. 

    Par ailleurs, dans un autre domaine, comment se fait-il que le Président de la République puisse se permettre, SEUL, de ne pas honorer la signature de la France dans le cadre d'une commande privée et d'ainsi fragiliser la respectabilité et la confiance que témoignent des pays étrangers à notre pays sans que le Parlement ne puisse réagir ou s'y opposer ?

    J.G-M : En ce qui concerne ce à quoi vous pensez, c'est à dire "Mistral" , j'ai toujours dit qu'il fallait honorer les engagements pris. Je suis juriste internationale de formation et quand on signe un engagement on-le-tient !

    Nous avons signé avec la Russie, et il est hors de question de renoncer à cet engagement. Peut-être aurions nous pu utiliser ce contrat dans le cadre de discussions pour assouplir la position russe sur certains points. Mais il ne faut pas que cela s'apparente à un chantage, mais suspendre cette vente c'est dramatique.

    D'abord nous n'en n'avons pas les moyens. Nous avons besoin de la Russie; dans le paysage actuel nous ne pouvons pas être entièrement soumis aux Etats-Unis et à leurs diktats. On l'a bien vu dans les premières sanctions c'est toujours la France qui souffrait le plus de ces sanctions. Certainement pas les Etats-Unis. Comme nous l'avons vu en Iran, les Etats-Unis ont réussi à bien s'implanter au détriment de la France. Je rappelle que l'Iran était notre premier client pour nos voitures PEUGEOT. IL faut avoir plus de vision à moyen et à long terme. On ne doit pas réagir de manière émotionnelle.

    P.M. : Les autorités de Lombardie ont dernièrement exprimé le souhait auprès du gouvernement italien de s'émanciper de ces sanctions qui sont d'ailleurs décidées à Bruxelles, D'ailleurs, vu d'ici on a l'impression que Bruxelles décide de tout et que le Président de la République Française ne fait que signer ce qui a été décidé par d'autres. Alors si la Lombardie peut demander au Président du Conseil Italien de s'émanciper de ces sanctions stupides et suicidaires, pourquoi les parlementaires français ne pourraient-ils par déposer un amendement dans ce sens ou demander au Président de la République de prendre conscience qu'il y a des milliers d'emplois et de milliards d'Euros en jeu ?

    J.G-M. : Oui c'est un vrai problème; et les Italiens ont beaucoup d'intérêts en Russie. J'ai d'ailleurs bien vu que les intérêts italiens sont en train de se développer partout sur le territoire de la Russie au détriment des Français. On le voit dans l'alimentation, dans la restauration... On voit que des tas de petites entreprises italiennes sont bien plus présentes que les françaises. Nous avons besoin de tenir nos positions, et cette question de sanctions est capitale. D'un autre côté on ne peut pas laisser la situation se détériorer en Ukraine sans rien dire. Je suis allée en Ukraine en février. J'ai vu les manifestants de la place Maydan et je dois dire que j'ai été agacée par la caricature qui en a été faite. Ces gens n'étaient pas des extrémistes de droite, c'était des gens qui voulaient la démocratie, qui voulaient se rapprocher de l'Europe car l'Europe représentait pour eux un espace de liberté mais ils étaient surtout en révolte contre les oligarques de leur pays dont on sait bien qu'ils ont fait des fortunes considérables au détriment de leur propre peuple. Je comprends la démarche des Ukrainiens et on ne doit pas raisonner en termes manichéens. Tout n'est pas noir ou blanc. C'est par la négociation, la relation diplomatique qu'une solution durable sera trouvée.

    P.M. : A l'issue d'une réunion, même des plus importantes, les Russes ont toujours l'habitude de conclure par un message, parfois par un message codé. Quel était le message de Mr NARYCHKINE à la France ?

    J. G-M. : Je crois que le message de Mr NARYCHKINE était clair. Evidemment, il souhaiterait que ces sanctions soient levées. Il représente la Russie. Il défend les intérêts de la Russie, il avait en face de lui un public ouvert, qui connaît la Russie, qui connaît les enjeux, qui ne se laisse pas manipuler par des diatribes. Honnêtement je n'ai pas entendu de message codé. Peut-être devrais-je me souvenir de tous ses propos, mais je crois au fond que le message était très clair, il n'avait pas besoin de coder ce message. 

    C'est vrai qu'il y avait peut-être une légère pression en filigrane mais c'est normal, cela fait partie du jeu, ça fait partie du discours et c'était essentiel.

    En tous cas ceci est un sujet sur lequel j'ai bien l'intention de continuer à travailler sur ce sujet et j'avais l'intention d'écrire une tribune sur ce sujet, mais je n'ai plus le temps.

    P.M. Et bien Mme GAIRRAUD-MAYLAM, considérons que cet entretien est votre tribune. je vous remercie

     

  • Beslan, 10 ans après . Interview d'Henri-Paul FALAVIGNA

    IMG_3296.JPG Henri-Paul FALAVIGNA est le président-fondateur de l'association "Solidarité Enfants de Beslan" voir le site ici

    A la fin de l'évocation civile de la tragédie de Beslan, organisée par l'association en la mairie du XVème arrondissement de Paris, il a bien voulu répondre à quelques questions.

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    Pascal MAS : Henri-Paul FALAVIGNA, vous êtes le président-fondateur de l'association "Solidarité Enfants de Beslan" qui vient en soutien psychologique, moral et financier aux rescapés de la tragédie des 1er au 3 septembre 2004, et de leur familles. Vous impulsez également un formidable travail de mémoire de ces événements comme nous avons pu le voir à travers le reportage qui vient d'être diffusé. 10 ans ont passé; ne croyez-vous pas le souvenir commence a s'effacer dans la mémoire collective ?

    H-P FALAVIGNA : Le souvenir ne s'efface pas car vous constaterez que le drame de Beslan est un prétexte pour critiquer la Russie quotidiennement. Donc je ne cesse de publier et d'envoyer des rectificatifs lorsque je vois ce qui est publié sur Beslan alors que nous avons une expertise certaine.

    P. MAS : Lorsque l'on voit ou revoit les images que vous avez collectées sur place, comment peut-on encore nier ce qui s'est passé ou le présenter de manière fallacieuse ?

    H-P FALAVIGNA : Eh bien je vais vous raconter comment à Sciences-Po, il y a deux ans, GLUCKSMAN était l'orateur principal d'un séminaire regroupant plus de 400 étudiants sur la démocratie en Russie et auquel j'étais invité; et GLUCKSMAN a profité de cette manifestation pour déclarer que POUTINE avait sur les mains le sang de près de 400 enfants à Beslan et de 600 civils en Ossétie du sud. Il s'est tourné vers Nathalie NOUGAYREDE en proclamant "Voilà la source; elle y était" . J'ai posé la question : "Mme NOUGAYREDE vous qui avez vu les chars russes, à quelle heure avez-vous vu tirer ?" 
    Elle m'a répondu , "vers 16h ou 17h" . Soit 4 heures après que les bombes des terroristes aient explosé. "Et ce que vous avez vu c'est l'élimination, ce qui prouve qu'il n'y a pas eu d'assaut organisé"  sinon en 10 minutes tout était terminé. Les Russes ont employé des moyens forts plusieurs heures après le début des attentats. Mais vous voyez là la déformation permanente qui est opérée, et les étudiants n'ont retenu que POUTINE était a l'origine des meurtres. En Ossétie du Sud désormais tout le monde sait très bien que c'est la Géorgie qui a agressé les villages ossètes.

    P. MAS : J'ai retenu au cours du reportage présenté par Dimitri de KOSHKO que cette "opération de Beslan" aurait été pensée dans un but ultime de dresser la population ossète contre les Ingouches. Or le président Ossète a bien affirmé qu'il n'y avait pas eu de vengeance ni de répression envers les Ingouches après cette affreuse tragédie. Qu'en est-il des relations entre les Ossètes, les Ingouches, les Tchétchènes et autres peuples caucasiens de la région ?

    H-P FALAVIGNA : La situation est apaisée, car considérant que les événements de Beslan ont été télécommandés de l'extérieur, et les femmes tchétchènes qui étaient présentes se sont fait exploser lorsqu'elles ont découvert la mission qui leur avait été confiée et ont préféré disparaître plutôt que de toucher aux enfants. Il est vrai que si l'on remonte plut haut dans l'Histoire, les Ingouches et les Tchétchènes ont toujours été turbulents. Ils se sont associés à HITLER. Donc à la Libération ils ont été déportés par STALINE. Et lorsqu'ils ont pu revenir il y a une vingtaine d'années, les Ossètes avaient pris possession des maisons vides. Il y a eu des incidents, et la Fédération de Russie a rétabli la paix entre les deux communautés.  

    P.MAS : Il y a 10 ans on découvrait la manifestation la plus sauvage d'une forme de terrorisme d'origine islamique. Aujourd'hui en Irak comme en Syrie on n'est pas loin de cette barbarie. Bien qu'il n'y ait pas beaucoup d'images . Toutefois la pensée unique et universelle d'aujourd'hui ne considère pas le Califat d'EIIL comme une organisation sympathique . Comment se fait-il que 10 ans après Beslan, les enseignements qui en ont été retirés sur la nature d'une certaine forme d'islam radical nous en soyons encore là ?

    H-P FALAVIGNA : Sans sombrer dans le paradoxe politique, j'ai entendu sur place en Ossétie qu'il existait une théorie selon laquelle les Américains étaient derrière l'affaire de Beslan afin de déstabiliser l'ensemble du Caucase et ensuite y intervenir pour remettre de l'ordre. Dans le même esprit que les "armes de destruction massives" de Saddam HUSSEIN ont été un prétexter pour intervenir en Irak.

    P.MAS : Le Califat d'EIIL a déclaré il y a 48 heures qu'il allait procéder à la "libération du Caucase" ; connaissant la patience mesurée du président russe, ne croyez-vous pas que la tâche s'avère difficile ?

    H-P FALAVIGNA : Ils peuvent dire ce qu'ils veulent mais dans la pratique c'est absolument impossible. Je vais vous répondre par une image. Nous avons été reçus a Vladikavkaz par le président ossète. Le président MAMSOUROV est musulman nous a invité à diner et nous avons porté des toast à la vodka. Les Ossètes musulmans sont totalement intégrés à la civilisation russe. Ils vont à la mosquée une fois par semaine mais autrement ils mangent du porc, boivent du vin etc ...
    On peut dire d'une certaine façon que l'héritage communiste a protégé les peuples de ce type de fondamentalisme agressif.

    P.MAS : Peut-on considérer qu'il existe une forme d'islam "caucasien" qui n'aurait rien à voir avec les pays arabes, le Pakistan et même la Turquie pourtant si proche géographiquement et culturellement ?

    H-P. FALAVIGNA : Oui, tout à fait, car le tsar était le protecteur des Musulmans, c'est le tsar qui a fait construire à l'époque la plus grande mosquée de Russie à St Petersbourg. Le tsar c'était le protecteur de toutes les religions russes.

    P. MAS : Vous avez lancé tout à l'heure un appel pour trouver des contacts de mairies dans le but d'effectuer des jumelages. Quel est l'objectif de ces jumelages ?

    H-P. FALAVIGNA : Nus bénéficions de liens d'amitié très forts avec la ville de Beslan et d'autres villes d'Ossétie, et nous souhaiterions en faire bénéficier des communes françaises.

    P. MAS : Mr le Président, je vous remercie.

     

     

  • Beslan 10 ans après; interview de Mme Chantal GUITTET

    IMG_3287.JPGChantal GUITTET est députée de la 5ème circonscription du Finistère. Elle est membre de la commission des affaires étrangères et présidente du groupe d'amitiés parlementaires France-Russie.

    Seule représentante du Parlement lors de la célébration civile des 10 ans de la prise d'otage de Beslan qui s'est déroulée en la Mairie du XVème arrondissement à Paris, elle a bien voulu répondre à nos questions

     

     Pascal MAS : Madame la Députée, vous êtes ici la seule représentante du Parlement (Assemblée Nationale et Sénat) présente pour cette évocation des 10 ans de la tragédie de Beslan. Seule députée, seule parlementaire ... Que se passe-t-il ? Est-ce que le souvenir de Beslan est gênant pour les élus français ? Tout le monde s'en moque après 10 ans ? Quel est votre ressenti personnel ? 

     

    Chantal GUITTET : Non je ne crois pas qu'on s'en moque. On ne peut jamais se moquer d'uin massacre d'enfants. Je ne suis pas sûr que les députés étaient au courant de cette cérémonie. Moi j'ai été invitée comme présidente du groupe d'amitié, mais je représente le groupe d'amitié et tous ses membres s'associent à cette cérémonie et ont certainement une pensée pour ces enfants qui sont morts et à qui on a volé leur jeunesse.

    Pascal MAS : Il y a 10 ans c'était Beslan et hier le Califat Islamique d'Irak et du Levant a prétendu que l'action allait continuer par la libération du Caucase. Peut-on imaginer revivre un cauchemar comme celui de Beslan perpétré par des gens aussi déterminés ?

    IMG_3295.JPGChantal GUITTET : J'espère que non, et je crois que tout homme politique a la responsabilité de protéger son peuple ? C'est une déclaration de l' ONU . J'espère qu'on n'arrivera pas à de telles extrémités c'est pourquoi il faut garder le dialogue; dialoguer entre les peuples , respecter les gens, être tolérants, et j'espère que des tragédies comme beslan ne verront plus jamais le jour . 

    Pascal MAS : Il a été rappelé tout à l'heure dans l'évocation de la chronologie des faits, que la région d'Ossétie du Nord, c'est à dire l'Alanie, était la marche de l' Europe. On n'entend pas beaucoup l'Europe dans cette affaire

    Chantal GUITTET : On l'a entendue au moment des événements de Beslan, on ne l'entend plus trop aujourd'hui mais je pense qu'il y a le représentante des Droits de l'Homme qui a envoyé un mot pour apporter son soutien . Elle est ambassadrice d'un pays européen; après je crois qu'aucun pays ne peut dédaigner ou avoir du mépris pour un acte pareil. Les enfants de Beslan doivent rester dans les coeurs de tout le monde. Avoir un devoir de mémoire c'est important pour qu'une tragédie pareille ne se reproduise pas.

    Pascal MAS : Il a été également évoqué que la presse avait couvert cet événement de manière très étrange. Le Président de la République d'Ossétie du Nord a même déclaré "qu'à travers certains reportages les victimes avaient été considérées comme des coupables" . Comment percevez-vous de décalage, en tant qu'élue, en tant que personnalité publique souvent au contact de la presse ?

    Chantal GUITTET : Qu'il y a ait différentes interprétations sur les événements, je ne suis pas habilitée à commenter ces faits . Ca sera aux historiens de révéler la vérité, mais en général elle n'est jamais révélée dans l'immédiat. Ce qui est sûr et que tout le monde doit affirmer c'est que des enfants ne doivent jamais être pris en otages, dans n'importe quel conflit. Et c'est un scandale qu'on se serve d'enfants et d'enseignants pour régler des conflits politiques.

    Pascal MAS : Comme nous l'avons vu dans le reportage les images même prises par les terroristes eux-mêmes existent. On ne peut pas nier ce qui s'est passé; alors comment se fait-il que devant des images aussi épouvantables qui rappellent d'autres horreurs passées il n'y ait pas plus de mobilisation de nos concitoyens.

    Chantal GUITTET : Je ne sais pas s'il n'y a pas beaucoup de mobilisation mais il y a des associations qui ont pris en main ces drames , comme l'association qui nous accueille aujourd'hui et qui prolongent le souvenir de ces enfants martyrs. Hélas nous sommes dans un monde où perpétuellement i y a des enfants qui sont pris en otages. Il y en a en Syrie, il y en a en Palestine, il y en a en Israel . Comme dans tous les conflits. Il y en a en Ukraine qui meurent régulièrement. Il faut se battre pour un monde apaisé. Que les gens sachent s'écouter, se tolérer et que la religion qui est du domaine privé reste du domaine privé. Et qu'on ne se serve pas au nom de je ne sais quelle religion ... D'ailleurs, je ne pense pas que l'Islam soit une religion qui tolère ce genre d'actes. Il y a vraiment des gens qui se servent de l'Islam mais ce ne sont pas des religieux . Ce n'est pas possible; ce sont des terroristes qui font ce genre de choses.

    Pascal MAS : Ce qui rend cette tragédie encore plus insoutenable c'est que ces faits se sont produits à l'occasion de la rentrée des classes. Or la rentrée des classes en Russie, est un événement extrêmement important qui se prépare longtemps à  l'avance. Hier (2 septembre) c'était aussi la rentrée des classes dans toute la France; n'aurait-il pa été utile à l'occasion de ces 10 ans, de mentionner qu'il y a des enfants partout dans le monde qui vivent le malheur ?

    Chantal GUITTET : On le rappelle très souvent mais le problème de la presse c'est l'immédiateté et un événement en cache vite un autre. Il y a des gens qui pensent qu'un conflit est terminé parce qu'on n'en parle plus. Mais en tant que femme politique je pense qu'il faut garder l'esprit de solidarité, le respect et la tolérance.On vit dans un monde difficile où les gens se replient sur eux-mêmes et oublient de voir que quelque soit le pays d'où on vient, la religion qu'on pratique, ou qu'on ne pratique pas d'ailleurs, notre couleur de peau; on est tous frères et soeurs et qu'il faut essayer dans un monde apaisé. C'est ça la démocratie en fait.

    Pascal MAS : C'est sur cette note optimiste que je vous propose de terminer cet entretien. je vous libère et vous remercie pour avoir accepté de répondre à mes questions.

     

     

  • 1er-3 septembre 2004 ; l'horreur à Beslan 3 septembre 2014 la France se souvient

    Beslan.jpg Le 1er septembre 2004 aurait du être une grande fête comme chaque année à l'occasion de la rentrée des classes. C'est un événement essentiel du calendrier russe.

    Mais des terroristes Ingouches et Tchétchènes ont préféré organiser l'horreur en prenant en otages les enfants et ceux qui les accompagnaient à l'école N°1 de Beslan (Ossétie) 

    Mercredi 3 septembre 2014 à l'initiative de l'association "Solidarité Enfants de Beslan" et de son président Henri-Paul FALAVIGNA, une évocation de cette épouvantable tragédie.

    Après un service religieux en l'église des trois saints hiérarques, une célébration civile s'est déroulée en la mairie du XVème arrondissement.

    Après quelques mots de bienvenue prononcés par une adjointe au maire du XVème, le Président FALAVIGNA a rappelé les faits , puis, Dimitri de KOTCHKO, réalisateur d'une vidéo retraçant les principales actions de l'association a procédé a la projection de son reportage.

    Malgré des images insoutenables, c'est sur un signe d'espoir que s'est poursuivie la célébration avec des chants d'enfants interprétés par 3 jeunes filles à la voix de cristal. 

    les 10 ans de Beslan ont été complètement occultés par les média, et certains pourvoyeurs d'information ont même prolongé la malhonnêteté intellectuelle en laissant supposer que si la conclusion de cette affreuse prise d'otages avait couté tant de victimes de tous âges, y compris de membres des forces spéciales, c'était du fait du Président POUTINE.

    Les victimes devenant ainsi les bourreaux

    De nombreux témoignages ont apporté la preuve que les terroristes islamistes étaient les seuls responsables du massacre.

    Voir aussi les interviews du Président FALAVIGNA et de Mme Chantal GUITTET, Députée, et présidente du groupe d'amitié parlementaire France-Russie

  • Eurasie - BRICS ; entretien avec Thierry MARIANI, député des Français de l'Etranger

    IMG_3326 - Copie.JPGMercredi 10 septembre 2014, le député Thierry MARIANI; ancien ministre et député de la 11ème circonscription des Français de l'Etranger, a bien voulu répondre à nos questions sur des sujets qu'il maîtrise particulièrement bien.

     

    Pascal MAS : Thierry MARIANI, vous êtes député de la 11ème circonscription des Français établis a l'Etranger qui va géographiquement de la frontière est de la Pologne jusqu'à la Nouvelle-Zélande, comprenant entre-autres la Chine, la Russie, l'Inde, l'Indonésie et le Japon. On peut considérer donc que les trois quarts de la planète habitent chez vous .

     

    Thierry MARIANI : Non, sérieusement, ma circonscription couvre 130000 citoyens français expatriés, comme les autres circonscriptions. C'est pour cela qu'elle est si grande.car il n'y a pas de très grosses communautés françaises expatriées comme c'est le cas à Bruxelles, Genève ou Londres.

    Avec 130000 habitants expatriés, ma circonscription couvre effectivement tout le Pacifique, toute l'Asie et toute l'ex-Union Soviétique plus l'Iran.

     

    Pascal MAS : Venons-en à l'objet de cet entretien. Cet été, dans l'indifférence médiatique générale, se sont produits deux événements majeurs pour les pays dont Astana 29 mai 2014.jpgvous représentez les résidents français.

    Le premier le 29 mai à Astana (Kazakhstan) IMG_3018.JPGavec la signature de l'acte fondateur de l'Eurasie entre la Russie, la Bielorussie et le Kazakhstan. Puis le 15 juillet la réunion des pays BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud) qui s'est déroulée a Fortaleza (Brésil) en présence en tant qu'observateurs de 11 pays latino-américains. Pour vous, grand spécialiste de la Russie et de la CEI, que représente cette nouvelle union Eurasiatique ? Est-ce -comme certains commentateurs l'ont évoqué-, une tentative de Vladimir POUTINE de reconstituer l'URSS de jadis ?

    Thierry MARIANI : Je crois à l'avenir de l'union Eurasie, je crois beaucoup moins aux BRICS. Pourquoi ? Je pense que les BRICS sont en réalité plus un concept qui regroupe des états qui ont des intérêts totalement divergents. Quel est le point commun entre le Brésil, la Chine, la Russie etc ... En réalité cala correspond à des états qui sont à un niveau de développement intermédiaire, qui par moments peuvent avoir des intérêts communs; on le voit bien puisqu'au sommet de Fortaleza a été créée une banque commune. Et il y aura certainement des coopérations.

    Mais je pense que les BRICS c'est une conjonction d'intérêts communs à un moment donné, mais pour avoir une alliance durable il faut des points communs qui sont la culture, la civilisation, etc...

    Si l'on regarde honnêtement, quel est le point commun entre les civilisations, l'histoire et les coutumes chinoises, russes ou brésiliennes. Par contre, je pense que l'union Eurasienne a un vrai avenir. Parce qu'effectivement aujourd'hui on a besoin pour exister sur la scène internationale de faire partie d'un bloc.

    Que pèserait tel ou tel pays s'il n'était inclus à un moment dans une alliance ou une union quelle qu'elle soit ? Or autour de la Russie, cette union douanière qui commence à trois a, à mon avis, un avenir certain puisque, et on le voit très bien, l'Europe occidentale au lieu de se rapprocher de la Russie s'en éloigne.

    Au lieu d'essayer de trouver des passerelles de communication et d'accords, on impose des sanctions. Dont il est normal que la Russie étant isolée par une partie des pays européens, ou plutôt étant rejetée par une partie des états européens cherche à créer son propre espace.

    Pascal MAS : Certains commentateurs économiques ont présenté la formation des BRICS, la création de la banque des BRICS, les coopérations annoncées entre les BRICS comme une tentative de s'émanciper l'économie mondialisée à domination Etatsunienne et Occidentale . Comment interprétez-vous personnellement ces nouveaux liens ?

    Thierry MARIANI : Dans les faits oui; dans les actes moins. Dans les faits, chacun essaye d'avoir une existence de plus en plus autonome. La réalité est quand même différente et le poids, hélas, du dollar et de l'économie américaine reste très important. Par contre, je le répète, l'union Eurasienne, à mon avis, au contraire et à  moyen terme a un vrai poids à jouer car il y a une histoire commune, il y a un fond commun et une culture commune.

    Je crois que la puissance ce n'est pas simplement un accord international qu'on signe entre gens qui n'ont pas grand chose à partager. Par moment ils faut qu'il y ait des intérêts communs et une histoire partagée. Je le vois dans un cas, je ne le vois pas dans l'autre.

    Pascal MAS : Pour revenir sur l'Eurasie que vous semblez considérer comme une option plus réaliste, il est question que l'Arménie se joigne à court terme aux trois pays fondateurs. Des discussions ont également lieu à Chypre et en Serbie. cela vous parait-il probable ?

     

    Thierry MARIANI : Je suis prêt à parier que dans cinq ans il y a aura non seulement l'Arménie, mais aussi le Kirghizistan et le Tadjikistan; et peut-être même l'Azerbaïdjan.Parce qu'à un moment chaque état se rend compte qu'il ne peut pas être isolé. 

    Aujourd'hui les trois états fondateurs, Russie, Biélorussie et Kazakhstan lancent l'union Eurasienne, mais je n'ai aucun doute sur le Tadjikistan, Kirghizistan et Arménie, pour avoir des contacts fréquents avec des responsables politiques de ces trois pays.

    La seule question qui se pose n'est pas SI, mais QUAND. Et attendons de voir ce que va faire un pays comme l'Azerbaïdjan.

    Pascal MAS : Thierry MARIANI, je vous remercie

     

     

  • Entretien avec Thierry MARIANI, Député des Français de l'Etranger (infos)

    Mariani.jpgThierry MARIANI, ancien ministre, est aujourd'hui député de la 11ème circonscription des Français de l'Etranger.

    En tant que député, il est président du groupe d'amitié parlementaire France-Azerbaïdjan; vice-président des groupes France-Belarus, France-Kazakhstan, France-Kirghizistan, France-Russie, France-Tadjikistan, France-Géorgie, France-Ouzbekistan, France-Turkménistan et d'autres groupes d'amitiés sur tous les continents.

    En outre il est membre de la délégation française auprès de l'assemblée parlementaire de l'OSCE et membre titulaire de la délégation française auprès de l'assemblée parlementaire du  Conseil de l'Europe.

    Enfin, il est co-président de l'association Dialogue Franco-Russe.

    Pour ces raisons il est incontestablement l'un des meilleurs spécialistes des questions internationales, en particulier de celles relatives aux pays de la zone CEI.

     

    Liens relatifs à Thierry MARIANI :

    Assemblée Nationale

    Site personnel de Thierry MARIANI

    Dialogue Franco-Russe

    Chorégies d'Orange

     

     

     

  • Islam russe / Islam de France

    Répondant aux questions de La Voix de la Russie ; le service audio et en langues étrangères de RIA-Novosti, j'ai rapidement abordé la question de l'Islam en France et en Russie.

    http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/217362642/276844019/

     

    Si l'Islam est une religion venue avec des migrants issus de pays étrangers venus s'installer en France, l'Islam russe est une tradition religieuse indigène.

    En effet, et sans tenir compte des pays qui autrefois formaient l'URSS et qui ont été rattachés à l'empire tsariste au fil des conquêtes comme l'Ouzbekistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Azerbaïdjan on peut bien parler d'un Islam russe lorsque l'on considère des république comme le Tatarstan et le Bashkorostan .

    A l'époque où la Russie naissante est sous domination mongole les khans (princes) sont musulmans et dans des régions entières le christianisme orthodoxe est parfaitement inconnu.Il n'y a cependant pas de guerres fondées sur la religion comme en ont connu l'Europe aux 15ème et 16ème siècles. Les Tatars, héritiers de la Horde d'Or sont soumis par Ivan IV le Terrible en 1552 et disparaît ainsi la dernière principauté musulmane de Russie. Il n'en demeure pas moins que les descendants du Khan Youssouf , une fois christianisés et intégrés à la civilisation russe deviennent la famille YOUSSOUPOV, plus riche que les tsars et dont le prince Felix figure parmi les conjurés réunis afin de faire disparaître Raspoutine.

    Les tsars, bien que chrétiens orthodoxes, ne se livrent pas à des campagnes de conversions forcées comme le fire les Espagnols en Amérique . L'Islam russe continue avec ses coutumes qui le différencient notoirement aux rites musulmans arabes, asiatiques ou africains.

    Ainsi, et aux côtés du Christianisme orthodoxe et du Judaïsme (autre religion indigène) l'Islam russe traverse les siècles.

    En France la présence de l'Islam est récente. Importée de pays aussi différents que les pays africains, la Turquie, le Pakistan et les pays du Maghreb un temps sous administration française.

    Depuis peu et à la suite d'une volonté politique, il est question d'Islam DE France. Cette notion, bien qu'encore assez floue, serait une tentative d'identifier un Islam reposant sur des coutumes et des pratiques françaises.

    Si l'Islam est sujet de débats et de conflits en France, il n'en n'est rien en Russie. Le président Poutine reçoit régulièrement les dignitaires religieux musulmans, les entretiens sont fréquents et le Président Poutine n'omet jamais d'adresser ses voeux aux différentes populations musulmanes russes a l'occasion des fêtes essentielles comme il le fait pour les Chrétiens et les Juifs. 

    Le meilleur exemple de coexistence entre les 3 religions monothéistes russe c'est sans aucun doute Kazan, la capitale du Tatarstan, ou dans le même espace, le Kremlin voisinent les bulbes de la cathédrale orthodoxe et les minarets de la mosquée cathédrale musulmane.

     

    kazan; russie,tatarstan

     

     

  • le Blog de l'Est , le blog de la Résistance et de la Réinformation

    Ayant été lundi victime d'une tentative de censure sur Facebook, et la cible de commentaires malveillants transpirant la propagande Euro-Otanienne, j'ai décidé désormais de publier sur se support et de rattacher les articles par des liens sur d'autres media.

    Par conséquent le Blog de l'Est redevient la plateforme principale de mes publications 

    Merci à vous fidèles lectrices et lecteurs

     

    Pascal MAS